GILLY ...ECRITURES 1

Publié le par gégé

LES ASPERGES SAUVAGES

 

Les grands pins lisses pâles et morts écrasent le chemin de leur masse humiliée.

Des arbousiers des chênes innocents ont été brisés pliés dénudés

des branches déjà voient mourir leurs feuilles il y a peu neuves.

D’ironiques asparagus des faux houx s’extirpent de ces enchevêtrements et offrent leurs brillances aux rares rayons d’une lumière filtrée. Le sentier s’insinue se glisse en se baissant sous un pont de bois pourrissant il se relève et se dresse se redresse sous l’immensité d’un pin ivre de vie au tronc terrible balayant le ciel du matin de son houppier lumineux.

Aux bords du chaos là où se posent les pas des violettes vives de tendresses de leurs touches de couleur réveillent des souvenirs qui accompagnent les pas d’une mélancolie belle comme une main d’enfant cherchant l’autre la haut à tout hasard.

Le chemin du plateau est zébré d’ombres graphiques le vent me fait nouer mon écharpe violette trouée d’histoires passées. D’autres pins tombés et puis d’autres qui obligent à de nouveaux chemins à créer à coups de branches cassées de coronilles brisées de chutes évitées de jurons libérés vers des branches coupables et noires.

Et le bord du plateau sur le rocher percé où mon regard cherche la maison au travers des sommets rejoints.

Il m’aura fallu forcer les passages illusoires arracher mes jambes aux ronces aux herbes aux arbrisseaux pourtant inconnus

forcer mon pas sur ces rochers jaunes

forcer des arbustes le dos courbé

écarter mes cheveux trop lumineux

puis presque en déséquilibre j’ai jailli sur le chemin de terre ivre de ces arrachements multiples et heureux.

Mes esprits retrouvés parmi des odeurs sauvages j’ai repris mes pas libres et lents j’ai aperçu et cueilli une fine asperge esseulée elle a rejoint les autres dans les poches gonflées de mon estrasse bleue écorchée

magnifique

poussiéreuse

et flottante.

 

 

 


 

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